Laurent Gervereau

 

Sommaire

Introduction

I. Laurent Gervereau et son étude de l’image

 Qu’est ce qu’une image aujourd’hui ?

Rôle de ces images.

II. Apport de ses études

Une nouvelle interprétation des faits historiques.

 « Autopsie d’un chef d’œuvre ».

Conclusion

Bibliographie

Annexes iconographique

Introduction

Les images, animées ou non, de la télévision à l’affiche dans la rue, nous sollicitent chaque jours dès notre réveil jusqu’à la fin de notre journée. Parmi nos cinq sens, la vue est celui qui prime sur les autres dans nos sociétés actuelles. De la publicité au journal télévisé, en passant par la propagande, la vie moderne s’articule autour de l’image. Même si nous sommes nombreux à comprendre le double langage de ces diffusions, l’évolution continue des concepts liés à l’image modifie la compréhension et la perception de notre milieu.

C’est dans ce cadre que l’historien Laurent Gervereau centre ses études. Spécialisé dans les images politiques, la photographie et l’art contemporain, ce théoricien analyse, étudie et compile les  productions de notre société moderne. Ses ouvrages littéraires, ainsi que ses conférences et ses interviews, définissent ce qu’est une image à l’heure actuelle. Son travail est aussi axé sur les différentes sortes de manipulations possibles avec cet instrument.

La quantité d’images produites et diffusées chaque jour dans le monde, nous pousse à redéfinir le statut de celles-ci. A partir des études de Laurent Gervereau, une nouvelle définition de l’image contemporaine est établie, et c’est à partir de ce travail que notre interprétation de cet instrument est modifiée, ou complété, pour revoir les évènements antérieurs et approcher les nouvelles créations.

 I. Laurent Gervereau et son étude de l’image.

 Voir, comprendre, analyser les images est l’un des nombreux ouvrages de Laurent Gervereau traitant du sujet. C’est dans ce livre que l’auteur se questionne sur la définition de l’image contemporaine : ou sont les images ? Qu’est ce qui fait l’image ?

Une image est avant tout un code, qui traduit en deux dimensions l’espace matériel. Cette définition simple est la base de la recherche.

Cependant pour la première fois dans l’histoire, toutes civilisations confondues, toutes les images sont visibles simultanément. La dernière œuvre numérique d’un artiste Japonais est visible dans le monde entier, au même titre que les dessins sur les poteries d’indien d’Amazonie, filmés par un ethnologue. Il faut noter qu’il y a encore quelques dizaines d’année, la perception et l’interprétation d’une image était différente, suivant la civilisation ou la communauté à laquelle vous apparteniez. Cette incroyable diversité pousse les théoriciens à affiner leurs définition : quel type d’images sont diffusées?

Laurent Gervereau distingue trois types. Les images premières sont la base. Elles représentent le réel fondateur, c'est-à-dire la source de la diffusion. Le tableau de la Joconde en est le parfait exemple. Il a servit pour de nombreuses reproductions et est accessible très facilement à tous. Viennent ensuite les images secondes, c'est-à-dire les diffusions postérieures de l’original. Dans le même exemple, une chaussette imprimée avec le visage de Mona Lisa rentre dans cette catégorie. La dernière mode est celui des images ignorées. Elles n’ont rien à voir avec le sujet qu’elles sont sensées représenter et remplissent souvent un rôle décoratif ou de contextualisation. Un reportage traitant d’une crise pétrolière se verra affublé de chameaux en arrière plan.

Le rôle de ses images est quasiment le même. Elles sont source de connaissances avec un potentiel narratif. Aujourd’hui les plus nombreuses adoptent bien sur la publicité, mais prennent aussi un rôle civique et de propagande. Elles nous donnent des règles d’hygiène de vie ou tentent de nous convaincre. Il est important de remarquer l’évolution récente dans la conception de certaines images. Les générations de consommateurs savent désormais lire la plupart des représentations, ce qui explique le recours au second degré, plus distrayant.

Le côté narratif se retrouve dans le double langage de certaines reproductions. Celui-ci étant beaucoup plus dense, il nécessite au spectateur des connaissances pour en interpréter la totalité. Ce double langage est apparut au même titre que la multiplication des images, et il s’affine pour les rendre compréhensibles par le maximum de personnes.

 II Apport de ces études.

Le fait de se questionner sur les images d’aujourd’hui impose un nouveau regard sur celles d’hier. Laurent Gervereau a logiquement étudié la propagande de la première guerre mondiale, afin de la redéfinir au niveau de l’exploitation de l’image.

Le premier conflit mondial est aussi la première guerre de propagande, divisée en trois périodes. De 1914 à 1915 la propagande est organisée, vive et décalée. C’est le début du conflit et les soldats partent la fleur au fusil. La seconde partie est de 1915 à 1917. C’est la fin d’une certaine innocence. Les affiches sont plus sombres, elles montrent des paysages ravagés par les bombardements d’artillerie. La dernière période est l’après guerre, de 1919 à 1923. Les images sont négatives et repoussent la guerre avec violence.

La première guerre mondiale utilise tous les médiums disponibles de l’époque, les journaux, les affiches et bien sur le cinéma. C’est le premier travail de l’image qui prend en compte l’appel du public, tout en essayant de le faire réagir.

Les connaissances d’historien de Laurent Gervereau et son étude sur l’analyse d’images, lui ont permis de sortir un livre intitulé Gernica ; autopsie d’une œuvre utilisant ses méthodes d’analyse décrites dans ses livres précédents. La célèbre œuvre de Pablo Picasso, faite en juin 1937, fut un excellant sujet d’étude, montrant un langage artistique avec une dénonciation politique et humaniste. Il traita le sujet avec la même rigueur qu’un historien de l’art. Il divise son analyse en trois parties.

La première retrace le coté scientifique de l’œuvre. Il y décrit l’évolution de la toile, du commanditaire à l’exécution du travail, en passant par la technique employée. Cette approche permet de resituer l’œuvre et de donner une première image sans interprétation. La deuxième partie évoque le contexte de création de la toile, ainsi que quelques traits de la vie de Picasso. Cette méthodologie donne un cadre historique et psychologique au tableau, permettant de comprendre le but de sa création et de son exposition. La dernière partie est plus personnelle. Laurent Gervereau y expose ses interprétations et décrit les multiples facettes de l’œuvre. La toile est décodée en détail en tenant compte des parties précédentes.

 Conclusion

 L’incroyable quantité d’images et de messages visuels que nous subissons est en perpétuelle évolution. Ce n’est aujourd’hui plus le fait unique des sociétés de consommation, ou de régimes politiques propagandiste. Avec l’explosion des technologies de communication, il n’existe plus de lieux vierges de toute image. Partout nos yeux croissent divers messages culturels, narratifs, de consommation ou politiques. Cette explosion visuelle nécessitait une redéfinition, ainsi qu’une nouvelle interprétation de l’histoire de l’image, et c’est avec des théoriciens comme Laurent Gervereau que nous pouvons appréhender les bases des évolutions futures.

Comme pour un virus dans notre organisme, nous avons développé une défense, en comprenant le double langage de certaines reproductions. Les personnes derrière ces diffusions doivent en permanence adapter leurs créations, pour nous attirer et nous convaincre, avec par exemple l’utilisation du second degré.

D’un autre côté, redéfinir des notions sensées être acquises permet de modifier notre perception d’évènements passés. Ces nouvelles définitions peuvent ouvrir de nouvelles voies ou compléter des recherches soit disant abouties.

Bien que Laurent Gervereau soit très compétant dans l’étude des images, de nombreuses critiques insistent sur le fait qu’il ne choisisse  que des exemples Français pour illustrer ses ouvrages. Dans le cas de la critique de son livre Voir, comprendre, analyser les images, Joël Jégouzo annonce qu’il ne se centrait que sur la pensée Française de l’image. Malgré le fait que la frontière entre l’interprétation européenne des reproductions, et celle d’autres puissances créatrices diminue continuellement, notre vision n’est pas forcement applicable à tous les sujets. De plus la France a tendance à prendre exemple sur ses voisins pour délivrer ses messages. Cependant l'artiste prend aussi exemple depuis des années sur le monde entier. L'artiste a mené "une réflexion comparatiste et planétaire jusqu'à aujourd'hui (avec Images, une histoire mondiale)" dixit Laurent Gervereau qui a eu la gentillesse de me laisser quelques précisions sur cet article et notamment sur la conclusion

SYLVAIN GIL

Bibliographie

Adresses de sites Internet

www.lemonde.fr

www.l’humanité.fr

 www.Urbuz.com

 www.imagemag.net

www.imageduc.net

 www.arte.fr

 Annexes iconographiques

 

Gervereau, Laurent, Voir comprendre analyser les images quatrième édition, Paris, La découverte, 2004

 Gervereau, Laurent, Terroriser, manipuler, convaincre, histoire mondiale de l’affiche politique, 1996

 Gervereau, Laurent, Gernica, autopsie d’un chef d’œuvre, Paris, Méditerranée, 1996

 Gervereau, Laurent, Les images qui mentent : histoire du visuel au XXème siècle, Paris, Seuil, 2003

 Gervereau, Laurent, Histoire visuelle du XXème siècle, Paris, Seuil, 2003

 Gervereau, Laurent, Les images qui changent le monde, Paris, Seuil, 2003

 

 

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