L’HOTEL DU DEPARTEMENT

                                                            DE L’HERAULT

                                                                                    MONTPELLIER

 

A la suite d'un concours organisé regroupant 75 participants et après sélection du Jury, celui-ci désignant 3 esquisses de projet s'adaptant aux demandes des financiers et au lieu choisit pour le mettre en œeuvre. Ces trois esquisses sont les œuvres de Robert Crouzet, Jean- Louis Michel et Pierre Tourre, architectes urbanistes. Le site du Mas d'Alco présente un ensemble de caractéristiques qui donna un espace utilisable, permettant ainsi d'avoir à porté un élément historique Français et une cuvette naturelle pour la construction de l'ensemble. C’est ainsi qu'après une mise au point qui finit en 1981, un permis de construire délivré le 6 Juin 1985, les travaux commencèrent en septembre de la même année. Le bâtiment fut livré en 2 tranches, la première le 16 octobre 1987 et la dernière le 15 décembre 1 989.

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                                                                               Vue générale

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                                                                                         Entrée principale

 Salle du Conseil-Dépendances

 Le Conseil Général constitue la clé de voûte des institutions au pouvoir. Ainsi dans le projet de l’hôtel départemental de l'Hérault, un rôle central lui a été attribué dans son aspect architectural. Donc, sa construction est au plus haut point du site, qu'il domine avec la grande propriété du Mas d'Alco.

Le bâtiment est le seul à avoir des formes courbes dans l'inspiration du mouvement Baroque. Les murs-enveloppes sculptés reprennent d'après les constructions, les mouvements d'un « drapé romain » malgré une certaine rigidité. La lumière en elle-même joue un rôle important dans l'édifice. Celle-ci se glisse dans les espaces et se projette sur les portes. La porte d'entrée du Conseil Général renvoie fortement la lumière dans la connotation médiévale de « porte de la ville » En effet le caractère monumental, la présence d'eau aux bases du bâtiment et l'aspect grille des portes donnent l'efficacité symbolique de la protection d'un château fort. De même que la courbure des parois du conseil, du balcon, des bassins et des grandes portes ne peuvent que faire penser à l'architecture bourgeoise militaire. Tout cela dans l'aspect des tours, des murailles,  et des douves, avec comme seule référence les grandes villes comme Carcassonne, témoin médiéval.

La Salle du Conseil n'a pas d’ouvertures directes sur l'extérieur. Seuls quelques étroites meurtrières comblées de vitraux laissent passer une lumière atténuée par des couleurs douces comme le bleu. La masse sombre du mobilier diffère avec la clarté de la pièce grâce à une ouverture centrale arrondie et avec les graphismes rouges sur le sol. Là aussi les architectes ont joué avec la lumière : celle-ci est donc filtrée à travers les vitraux répartis à travers la pièce du puit central avec les poutres jumelées, ayant pour effet, par un éclairage indirect de donner l'impression que les baffles au plafond flottent et en plus, un éclairage filtré une fois encore par les poteaux et la structure du balcon d'honneur. De plus la lumière passant par les vitraux subis un autre effet avec les reflets de l'eau. Tous ces effets permettent une amplification de l'espace avec un lieu reposant séparant le monde et l'institution.

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                                            La salle du conseil avec le puit de lumiere central

 

L’Administration ; le noyau central.

 Ces bâtiments ont été construits dans l'idée d'une libre circulation du public par des espaces d'accueil et de repos largement ouverts et protégés à la fois.

 Comme pour le Conseil Général, ce bâtiment laisse passer l'expression de protection mais cette fois ci pour inclure et protéger les espaces ouverts. Le visiteur arrivant par la voie piétonne est, sera conduit au noyau central, cœur du bâtiment ou se retrouve la circulation de l'individu et de l'information. Cet escalier relie tous les niveaux de l'édifice. Etant à l'intérieur, le mur-enveloppe s'allège autour du noyau pour ne plus être qu’une verrière.  Ainsi, en mélangeant les qualités du verre, des métaux et des bétons, la lumière joue à nouveau avec les reflets, les ombres, les graphismes et les éclats. Au delà du noyau central, le dernier patio acclame l'eau et la végétation. L’eau est présente dans chaque bâtiment du complexe. Symbole de fécondité dans les milieux méditerranéens, elle devait être honorée autrement que dans l'esprit des douves défensives, C'est donc par un jeu de bassins et de cascades qu'elle devint l'élément vital de ce patio. Entourée d'une végétation méditerranéenne, une statue de Richardguy trône là ou naît la source, en tant que divinité ou esprit de celle-ci. Les murs plissés ont aussi le sens de la variété. Les angles ont été particulièrement travaillés et traités de façon autonome par rapport à l'espace enveloppé. Ils sont donc profondément sculptés en creux reprenant le « drapé-romain » La structure prend ainsi toutes les lumières.

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                                                                                Le noyau central

 

 Locaux sociaux

 Le bâtiment des locaux sociaux est le premier édifice que rencontre le visiteur arrivant par la voie piétonne. Pour éviter un trop grand dépaysement avec les maisons civiles, plusieurs solutions furent trouvées.

Ainsi ce bâtiment garde la même échelle que des espaces d'habitations. Cette structure est conçue sur deux étages. Le reste et le bâtiment en partie possèdent un rez-de-chaussée « réalisés en fouilles » créant ainsi une protection contre les nuisances extérieures comme le vent et le bruit. Ce système trouve sont utilité dans des services comme la garderie.L 'Architecture du bâtiment est la même (mur-enveloppe, etc...) mais garde tout de même un côté simple pour accueillir le visiteur.

 

 Le pavillon de la S.I.A.G.E

 La société d'informatique et d'aide à la gestion est considérée comme un organisme annexe de l'administration et est installée dans un édifice du même acabit que l'hôtel du département.

Dans un rôle visuel, ce bâtiment a un rôle très important. Il boucle deux perspectives en bloquant la vue derrière le plan d'eau. L'aspect antique romain est utilisé quand le visiteur regarde   le plan d'eau depuis la place publique, le pavillon forme alors une sorte d'arrière fronton. La perspective la plus importante débouche sur cet édifice. Elle commence au balcon du Conseil général, au-delà des jardins, du théâtre en gradins, du plan d'eau dans la partie basse du terrain pour finalement passer à proximité du pavillon. Grâce au plan d'eau, l'édifice laisse au spectateur le reflet de l'édifice, le rendant plus impressionnant dans son rôle de fronton. Dans cet édifice la relation avec l'eau est plus présente qu'ailleurs, le bâtiment étant en plus grande partie entouré d'eau que les autres, Il en va de même pour la notion de protection, le patio complètement clos aux regards extérieurs, renforçant cet effet.

 Cette oeuvre architecturale présente le paradoxe d’être moderne en utilisant un langage antique et médiéval, et en s'intégrant dans un milieu historique. La volonté des constructeurs à respecter le lieu a permit d'aménager le site d'un point central qui est le bassin, en se développant vers l'extérieur et en montant comme le montre la salle du conseil qui surplombe l'édifice. L’utilisation du mur-enveloppe en « drapé romain » reste impressionnant, surtout en ce qui concerne les angles.Les jeux de lumière sont très utilisés, et pas seulement dans la Salle du conseil. Il serait intéressant d'avoir un point de vue à chaque endroit de l'édifice à toutes les saisons, la variation des effets de lumière permettant d'observer et d'imaginer de multiples changements.Le noyau central pourrait être exposé tout seul sans son environnement dans l'Hôtel. Il est très semblable et très différent du reste. Bien que les matériaux utilisés soient les mêmes, la façon dont ils ont été assemblés et leur éclairage laisse au visiteur la vue d'un centre différant mais homogène au reste.Le pavillon de la SIAGE donne l'aspect d'un temple à cause de son écartement avec le reste du complexe, qui apparaît comme une petite ville. La place de l'eau a été exprimée dans l'ouvrage et, sans celle-ci, l'Hôtel perdrait son intérêt.

Quelques points critiques sont tout de même à noter. La salle du conseil par exemple pourrait être encore plus en rigueur avec le reste de l'édifice si ce n'était pas les couleurs rouges vives sur le sol et les sièges des spectateurs faisant ainsi un contraste avec l'aspect reposant de la pièce, et les couleurs méditerranéennes qui sont le bleu, le blanc et le Jaune. De même que les dépendances subissent un mauvais goût décoratif qui n'a malheureusement que peu de choses à voir avec l'extérieur, en particulier dans le foyer des élus. La moquette quadrillée remontant jusqu’au bar, fait plutôt penser à une salle de bain. On peut aussi trouver déplorable le manque d'espace et la simplicité des bureaux.Il faut aussi avouer qu’un oeil non averti de la certaine relation entre l'édifice et le Mas d'Alco ne peux voir la relation entre l'Hôtel du Département et ce trésor du patrimoine local.

 

 Quelques chiffres:

 

*surface du terrain:  112 000m2

*surface construite (dont parkings, garages et locaux techniques)        :48000m2

*)jardins :70% du terrain

*Hauteur maximale du sol :10 m

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                  Le belvedere avec tous les éléments qui jouent avec la lumiere. Portes des salons du Conseil

 

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                                                                      Le patio mediterrannéen

                                                                       

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                                                                    L'un des nombreux angles

 

S Gil

 

Source : hotel du département de l’HERAULT

 

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