ANTONI GAUDI

 

Introduction.

 

Antoni Gaudi est un architecte espagnol né le 25 juin 1852 et décède en juin 1962 des suites de blessures après s’être fait happer par un tramway à Barcelone. Après des études en architecture avec des résultats moyens et sous tutelle de son mécène Eusebi Guell que de son modèle John Ruskin, Antoni Gaudi parvient à trouver son style personnel, reflétant ses diverses influences qu’il exploite, ainsi que son appartenance au peuple catalan. John Ruskin disait que l’architecte devait être aussi peintre et sculpteur. Gaudi appliqua donc cette pensée, et ses oeuvres architecturales furent construites suivant les commandes tout en les transformant au moyen d’expressions artistiques.

 

                                                                                    PROJET DE L’HOTEL DE NEW YORK

L’hôtel de New York est une commande faite par un homme d’affaire américain enthousiasmé par le travail de l’architecte. La commande fut passée en 1908 mais le projet ne dépassa pas le stade du plan. Ainsi ce projet urbain utopique aurait du dépasser les espérances de l’époque en laissant la marque du gigantisme américain avec celle de l’empreinte catalane de Gaudi.

Ce bâtiment, s’il avait été fait, aurait été un « temple foret » haut de 300 mètres. Il aurait d’abord été surélevé, suffisamment pour laisser la place à des véhicules d’entrer dans un parking souterrain, à moins que ce ne soit pour le service hôtelier.

Au dessus, la tour circulaire aurait joué un rôle central. C’est elle qui aurait atteint la hauteur de 300 mètres. A ses cotés, 4 autres tours donnent naissance elles aussi à une tour. Chacune auraient pris un rôle de soutènement comme les arcs boutant des cathédrales gothiques. Les tours auraient possédé des piliers enfoncés profondément sous terre pour assurer la stabilité des l’édifice, donnant aussi un squelette aux souterrains.

Les bâtiments adjacents à la tour principale auraient porté des couples vitrées en leurs sommets, produisant un jeu de lumière à l’intérieur. Les tours adjacentes auraient servies comme lieu de résidence de l’hôtel et l’on peut supposer que l’intérieur de la tour principale aurait eu le rôle de restaurant, d’accueil ou de salle de réception. A la moitié de cette tour, les gradins laissent présager un théâtre ou un cinéma. Enfin au dessus se trouve un espace décoré de statues et de phares. Ce lieu aurait du servir comme espace de détente et de point de vue sur la ville.

Plus on s’éloigne du bâtiment principal, plus les lignes sont moins rigides et les décorations présentes. Ainsi les tours arborent le style organique propre à Gaudi comme la «  CASA MILA » à Barcelone :ces tours semblent avoir été sculptées dans la cire ou l’argile, et font facilement penser à un travail d’insecte, loin des formes aiguës et raides des autres bâtiments. Il prend les piliers avec la forme imposante de pattes d’éléphant.

Au sommet devait se trouver une sculpture de soleil pour imposer le soleil catalan responsable de l’inspiration de ce bâtiment. Ce soleil devait être reprit sur le carrelage du point de vue, reprenant les 9 branches de la sculpture.L’édifice devait aussi avoir entre ses tours un série de balcons avec de chaque coté des projecteurs illuminants le sol autour de l’hôtel ou les voies d’accès aux portes d’entrées.Il était aussi prévu sur les façades extérieures, des aigles sculptés du types bas reliefs antiques grands de 3 étages pour signaler l’impérialisme américain.Les 9 branches du soleil au sommet de la tour principale se retrouvaient aussi au niveau des 9 escaliers qui correspondaient chacun à une entrée de l’hôtel.

 L’hôtel de New York était un projet ambitieux pour Gaudi qui l’aurait fait connaître auprès du public américain. Certes, le commanditaire n’aurait peut-être pas eu la patience de voir son architecte interrompre les travaux pour faire des rajouts à l’édifice, ou pour vérifier le bon déroulement de la construction selon l’habitude de Gaudi.

New York s’est donc passée de la lumière catalane sur son territoire. Il est toutefois important de noter que cet hôtel a joué un rôle d’exercice pour la Sagrada Familia de Barcelone, alors en construction, tant on trouve des similitudes entres les 2 édifices.

 

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                                                                                 LA SAGRADA FAMILIA ( 1883 1926)

 

La Sagrada Familia est le couronnement de l’oeuvre d’Antoni Gaudi. Elle a été commandé par la « associacion espiritual de devotos de San Rose ». L’église, commencée en 1877 par les plans de l’architecte Villar verra arriver   Gaudi en 1883. L’édifice n’a jamais été fini pour plusieurs raisons : un retard considérable pour réunir l’argent, celui-ci venant de dons, l’habitude de Gaudi d’améliorer et de « faire pousser » en dehors des plans ses œeuvres pendant la construction et son décès en 1926 qui scellera presque le sort du bâtiment. Apres la construction d’une autre façade, il n’est construit que très lentement au rythme de petites parcelles.

UN RENOUVEAU DANS L’ARCHITECTURE MEDIEVALE GOTHIQUE.

Les premières ébauches dans la construction de Villar signalaient un style gothique sans aucune innovation. Gaudi lui, souhaitait épurer les formes de cette architecture. Il commença par finir la crypte et les colonnes commencées par Villar. Puis pour éclaircir la salle, il poussa en hauteur les arcs et élargit les fenêtres en œeil-de-boeuf. Il garda les fenêtres gothiques, allégées  par les éléments arrondis, et fit en sorte qu’il y ait moins de décorations autour de l’hôtel, celles-ci ce cachant souvent dans d’autres églises. Il prévoyait aussi 13 cloches, 12 pour les apôtres et 1 pour le Christ lui même.  Celles-ci devaient garder la forme rectangulaire classique, mais étant trop aigus, ils sont passées à la forme ronde grâce à la rotation des arcs elliptiques. Les parties rectangulaires servent comme cadres aux 3 portails de chaque façade. Les clochers s’amincissent vers le haut mais ne gardent pas l’aspect des tours pointues gothiques. L’effet d’élévation vers le ciel représentant l’ascension du Christ, est arrêtée par les clochers de forme ronde et leurs chapiteaux qui met fin à tout mouvement. Le principal clocher, celui de JC devait être éclairé par 12 projecteurs placés sur ceux des apôtres. Puis tel un phare, un puissant projecteur devait éclairer la ville du clocher principal pour symboliser la lumière de JC sur les hommes. L’une des autres innovations de Gaudi fut de remplacer les piliers et les arcs-boutants classiques pour soutenir la grande voûte, par la combinaison arc elliptique et piliers obliques. Mais Gaudi n’a pas fait qu’améliorer l’architecture gothique, il est aussi resté attaché à la tradition en apportant son style personnel dans la décoration. Ainsi il a gardé la traditionnelle basilique à 5 nefs, le transept avec 3 nefs et le plan en forme de croix chrétienne.

LA MARQUE DE L’ARTISTE

Bien que le style de Gaudi soit lui même un art, le coté artistique de l’architecte s’est surtout exprimé dans les façades et la symbolique des sculptures de la Sagrada Familia. Les 4 façades du bâtiment devaient transmettre la vie symbolique du Christ. La 1° façade construite, celle de l’est est appelée « façade de noël ». Elle décrit les épisodes de la vie terrestre du Christ jusqu’à la fuite en Egypte. Tous les murs extérieurs de l’édifice devaient être décorés de scènes avec les statues représentant les personnages religieux. Ce devait être des images simples dans les niches donnant l’impression de crèche. La façade de Noël à 3 portails : « la porte de l’amour » est la plus grande et représente la nativité comme symbole de l’amour avec des pélicans. A gauche, le portail de l’espérance montrant le massacre des enfants par Hérode et la fuite en Egypte, puis c’est le portail de la foi avec des scènes bibliques de la révélation de Marie. Les scènes de souffrance de cette façade sont placées de telle façon qu’elles sont exposées vers l’est et le soleil couchant, symbolisant peut-être la fin des malheurs. La façade de la gloire au sud de l’édifice devait montrer la mort et l’enfer, ainsi que le dur travail à accomplir pour parvenir au salut. Le grand escalier extérieur désignait cette façade comme l ‘entrée principale et mettait en garde les croyants sur ce qu’ils devaient faire ou éviter. La  façade ouest devait décrire les passions de JC. Celle-ci de part son thème, devait être au contraire du reste du bâtiment très pauvre en décorations et laisser des formes rudes et grossières. Une autre innovation  qu’aurait apportée Gaudi aurait été la présence de couleurs sur les murs extérieur. Au fur et à mesure qu’il vieillissait, Gaudi se rapprochait de la nature. Il n’aimait pas la monochromie, puisque celle-ci ne se retrouve pas dans la nature et les paysages. Ainsi, il imaginait le vert pour le mur du portail de l’espérance ; des couleurs claires pour les thèmes heureux de la façade orientale et des couleurs sombres pour la façade de la passion. Gaudi voulait aussi faire suivre une autre image à l’église. Celle-ci ne devait plus représenter le Christ (l’église avec la forme de la croix de la crucifixion) mais devait être JC. Le 13° clocher plus grand de 70 mètres que les autres (en tout 170 mètres), et ses projecteurs qui auraient du éclairer la ville, servaient à signaler la présence du messie. Gaudi voulait aussi que l’église apparaisse comme un grand livre ouvert. Le bâtiment comporte ainsi un grand nombre de mots et de phrases en latin. Ainsi chaque clocher possède plusieurs fois le « Sanctus », montant comme une allégorie à l’ascension vers Dieu. De même que chaque clocher possède en son sommet la phrase en latin « Hosana in excel sis ». Aux abords des statues se trouvent aussi, gravés dans la pierre, des noms d’apôtres ou du messie lui même.

REMARQUES :

 On peut voir une grande présence du personnage de Joseph, souvent dans des rôles principaux. Cela vient de l’ordre religieux  ayant passé la commande, ceux-ci étant dévoués à Saint Joseph. L’autre remarque consiste à voir l’aspect de légèreté des nefs avec des fines colonnes qui les soutiennent. Gaudi disait que dans son architecture la contraste entre pression et soulèvement avait été aboli. Ce concept se retrouve représenté par les colonnes du portail de l’amour. Les socles représentent des tortues. La colonne paraît écraser l’animal mais en fait celle-ci pousse de sa carapace. La pression devrait tuer la tortue mais celle-ci survie et soutient la nef et sa carapace.

CONCLUSION :

Il est dommage pour des raisons évoquées plus haut que la Sagrada Familia soit inachevée plus d’un siècle après le début des travaux. De nombreuses personnes ont fait cette remarque : Gaudi s’inscrit dans la tradition moyenâgeuse. En effet les constructions d’envergures comme les cathédrales n’étaient pas faites par un seul architecte ni par la même troupe d’ouvriers, mais par plusieurs générations. Ainsi Gaudi a laissé à Barcelone le soin aux futures générations de terminer son œuvre tout en respectant sa volonté, car il est utile de préciser que poursuivre un bâtiment de l’architecte catalan avec un style différent du sien, produit des désastres matériels, les rajouts ne pouvant tenir sans utiliser ses méthodes audacieuses de calcul et de construction.

 

S .Gil

 

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  Vue de la facade .Partie superieure du portail de l'amour représentant un cyprés .    Pointe d'un clocher sur la façade ouest

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                                                                                                                        PLAN

Source : ANTONI GAUDI edition Taschen, Rainer Zerbst

 

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