LE LAC DU SALAGOU: HISTOIRE

Le barrage envisagé en 1959 (1) n'avait pas été prévu pour un avenir touristique, puis­qu'il n'avait pour but

que d'alimenter par gra­vité l'irrigation des terres de la basse vallée de l'Hérault et l'écrêtement des crues (1).

Un des promoteurs était Mr Jean ROUAUD, Maire et Conseiller général, qui y voyait la panacée pour sa région,

diversification des productions agricoles, sur un espace de 41.000 ha. (2), en coopéra­tion avec la Cie du Bas-Rhône,

(3.800 ha d'arbres frui­tiers, 2.200 ha de cultures fourragères, 2.000 ha de maraîchage, 4.000 ha de blés, maîs, riz etc) (2)

la solu­tion définitive du problème de l'eau potable à Clermont... Barrage à la côte 139.

Coût : 70 millions de Frs (Financement : 60% du Ministère de l'Agriculture 40% du département).

Ces objectifs furent assez vite abandonnés, devant l'indifférence des agriculteurs, nullement tentés par ces objectifs irréalistes.

C'est ainsi qu'en 1969 (3) on ne parla plus que de tourisme.

Mais ce bouleversement ne fut pas sans de mul­tiples confrontations et controverses, ce furent d'abord

 les « inondés » qui trouvaient leurs indem­nisations insuffisantes, mais également le Député Maire de Lodève,

 COSTE-FLORET, qui, chiffres à l'appui estimait que les prises d'eau prévues sur le lac auraient pour conséquence de

créer des flaques d'eau croupissantes, avec tous les inconvénients que cela suppose (4).

 Il y avait aussi le problème de Pradines qui fut déserté par ses occupants et qui fut rasé bien plus tard

 sans que personne, et surtout les ancien occupants n'en fussent informés, et aussi celui de CELLES

que l'on voulut annexer à Clermont (5).

Toutes les données hydrographiques données par les experts ne donnaient aucunement la possibilité

de maintenir en période estivale un plan d'eau sus­ceptible de donner un atout touristique à ce nouveau site,

en effet les plans initiaux prévoyaient une galerie souterraine qui partait en aval de Lodève qui amène­rait l'eau

 de la Lergue à la retenue d'eau avec un débit de 15m3/seconde.

Il fut donc heureux pour le tourisme et l'attrait de notre région que les agriculteurs aient refusé ce bou­leversement

des cultures arrosables proposées (6).

Il reste pourtant quelques indices désagréables pour la maintenance de ce point d'eau, à savoir la

menace de l'utiliser pour irriguer la région Montpelliéraine, autre danger envisageable c'est le dépôt énorme

 d'alluvions qui s'est déposé au fond du lac, pendant 34 ans.

Le vidage du lac tous les dix ans n'ayant jamais été fait, on y a suppléé par des visites sous-marines.

Bien d'anecdotes concernant son aménagement peuvent être notées (7).

( I ) L'écrêtement des crues a parfaitement fonctionné, ce fut d'abord CANET qui autrefois inondé,

parfois prés de 10 fois par an, est aujourd'hui préservé, mais également bien d'autres lieux en aval.

(2)   Bulletin officiel Municipal 1961.

(3)   Bu//et/n officiel Municipal 1966.

(4)   Ce projet fut abandonné lorsque l'on découvrit en 1969- 1970 que le bassin versant riverain du Salagou 

avait une capa­cité hydrographique beaucoup plus importante que les chiffres estimés.

Les pluies diluviennes de l'automne 1969 ont contraint de conserver l'eau retenue, c'est ainsi que l'on dut utiliser des
plongeurs sous-marins pour sectionner les divers poteaux qui
émergeaient et laisser en l'état le cimetière de Celles.

(5)   En   1984 une consultation de la commune de Celles repoussa le désir d'annexion de Clermont.

(6)   Création de camping (Lodève et Clermont) Compote/,Base  de  Plein Air, Nautique  coté  Clermont.

Interdiction  des bateaux à moteur.

(7)   Lors des travaux exécutés sur le plan d'eau, en 19 70, un des employés pour la destructions des poteaux en bois qui émergeaient,

tomba à l'eau et ne parvenait pas à se sauver, heureuse­ment le Curé de Liausson, Edouard MAISTRE, observait,

sur la place de l'église, avec des jumelles, il téléphone aussitôt aux pom­piers, enfourche sa 2 CV et ne sachant pas nager

, crie au mal­heureux des mots d'encouragements pour qu'il continue à se débattre dans l'eau, cela ponctué

de prières, cela permit d'at­tendre  le sauvetage, in extremis.

Pendant plusieurs années, avant que les bateaux ne fussent interdits, le célèbre et multiple champion du Monde MARTIN de ski

nautique s'entraînait tous les hivers sur le plan d'eau de CELLES.

A grand renfort de publicité on construisit sur place un « Bateau pour le site »

un grand voilier de IOm85 de longueur de coque, pesant 5.500 Kgs en charge,

construit par des employés d'un Centre de Formation Locale. A grand renfort de publicité on mit à l'eau le « SALAGOU »

qui devant les yeux abasourdis des personnalités, ne parvint pas à flotter et coula, bien de Clermontais le surnommèrent

 « LE PITALUGUE » comme dans MARIUS de PAGNOL II fit renfloué fin Décembre 1992 et nul ne l'a revu...

 

LES FETES AU SALAGOU

 

En 1972 se créa un Comité de Fêtes du Salagou à fin de faire connaître au département ce nouveau lac et lieu touristique.

 

Animé par le dynamique et efficace Denis ESCUDIER, encadré par l'industrieux Comité des Commerçants Clermontais, et l'Office de Tourisme, assisté par de nombreuses associations sportives, ou autres. On transplanta sur le bord du Lac, une véri­table fête foraine animée uniquement par des béné­voles.

La quantité d'attractions proposées témoigne de leur dynamisme : Stands de tir, Casse-bouteilles, Roulette, Concours de pêche, Pêche à la truite, Pétanque, Ball-Trap, Petit train, Fléchettes, Buvette, Buffet, Traversée nautique du Lac, Manège...

Mais en outre, Intervilles, Taureau-Piscine, Bal avec orchestre réputé, et cerise sur le gâteau, Vedettes de notoriété nationale, comme Marcel AMONT et Thierry LE LURON.

Publicité tous Azimuts et extra-départementale (Gard, Aude) avec l'équipe dirigée par le célèbre Pierre ABBAL,  cheville ouvrière du Commerce Clermontais.

Résultat : les fêtes durèrent de 1972 à 1985, et l'on compta parfois plus de 10.000 spectateurs.

Certains y virent des inconvénients, en particulier sur le fait de faire payer une très modeste contribution aux véhicules qui arrivaient à partir de 18h, le coût, parait-il excessif des vedettes Nationales, qui ne furent plus invitées. Il fallut ce conformer à ces cri­tiques et l'on dut se contenter d'artistes de moindre renommée (1).

Responsables successifs : Denis ESCUDIER, Biaise GALLEGO, Mme GRANIER, assistés de Jean-Paul DUNOYER, Georges BLANC, Elisée PASCAL, Jean FABRE, André COMBIS, Antoine GUELFI, J.L. DOMERGUE, André REQUENA, Yves MAURIN, Pierre ABBAL, René GEYSSE... parrainés par M. Marcel VIDAL.

/) Conséquences de ces soi-disant économies, (es recettes dimi­nuèrent fortement (de prés de moitié) Les spectateurs et (es organi­sateurs également et l'on dut arrêter en 1985.

TEXTE BLAISE GALLEGO

 

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