Art Paris

Sommaire

Introduction

I. Particularités d’Artparis.

II. Artparis : une foire qui s’ouvre sur l’international.

III. Le futur de la foire.

Conclusion

Bibliographie

 Introduction

 

C’est face à la pléthore de foires qui ouvrent leurs portes en ce début de saison, qu’Artparis va inaugurer sa sixième édition du 22 au 25 octobre 2004.

Cette foire, encore jeune en comparaison de ses grandes sœurs comme la FIAC (foire internationale d’art comtemporain), est basée sur un choix d’exposants qui assurent sa différence, tout en construisant l’actualité de l’art contemporain.

Artparis réaffirme cette année encore son intérêt pour les arts dit « classiques », tel que la peinture et la sculpture. La foire n’oublie cependant pas les autres formes d’expression artistique, et accueille aussi des créateurs exploitant les médiums de la photographie et de la vidéo.

Cette édition 2004 sera toutefois marquée par la première invitation de galeries étrangères parmi de nombreuses autres, marquant ainsi l’internationalisation de la foire. Cet afflux permet à de jeunes galeries et artistes de faire leurs premiers pas dans une foire nationale et internationale.

 

 I. Particularités d’Artparis.

Artparis cherche depuis ses débuts à cultiver sa différence, en affichant une politique d’exposition présentant ses propres particularités vis-à-vis  des autres foires.

Dès la première session, l’exposition soutient la peinture et la sculpture, suivant la confiance des directeurs, (Caroline Clough-Lacoste et Henri Jobbé-Duval) envers un renouveau de ses arts  « classiques ». C’est ainsi que des peintres comme Michael Burges et Maria Manuela trouvent leurs places dans cette foire, donnant un nouvel intérêt à la peinture de part leur travail, utilisant des techniques modernes ou exploitant de nouveaux sujets. A l’opposé, la collection Verranneman présentera un bronze de Fernando Botero de 2000 intitulé Reclining Woman ainsi que d’autres pièces d’artistes importants comme César. Ces quelques exemples ne son qu’une fraction des pièces exposées, ce qui laisse entrevoir l’importance que prend d’année en année la foire d’Artparis.

L’autre particularité de ce rassemblement de galeriste réside dans le public que les organisateurs cherchent à séduire.

Une foire est aussi un lieu de vente qui reconnaît le savoir faire d’artistes et permet à des galeries de se faire un nom. Si l’on compare les prix et les ventes des œuvres dans un salon reconnut comme la FIAC, il est aisé de remarquer une différence notable dans les objectifs de ses deux foires. Ainsi les dirigeants de la FIAC se limitent à des œuvres allant jusqu’à un million d’euro maximum. Cela cadre un public d’acheteurs ayant de gros moyens ou des entreprises avec un énorme budget. De leur coté, Artparis cible un objectif qu’ils suivent depuis le début, c'est-à-dire les acheteurs issus de professions libérales et les PME. Le plafond global que présente la plupart des œuvres mises en vente à Artparis peut aller jusqu’à cinq mille euros, mais rarement au-delà de quinze mille. Cette différence montre l’envie des dirigeants d’Artparis d’offrir de nouveaux artistes qui ne sont pas encore réellement cotés au public.

 

II. Artparis : un salon qui s’ouvre sur l’international.

La qualité d’une foire d’art, se discerne par l’intérêt que suscitent les œuvres présentées par les participants. Ainsi, depuis six années d’expositions, Artparis s’est développée grâce au nombre toujours croissant de galeries. Certaines font parties des fidèles d’Artparis, comme celle de Laurent Strouk qui met à l’honneur la figuration narrative, la galerie Lasés spécialiste de la période COBRA, ou encore des collectionneurs comme Stéphane Jacob, et sa sélection d’artistes australiens, dont Christian Thompson avec son travail sur la vision occidentale des aborigènes.

Il est cependant important de préciser que l’année 2004 représente le plus fort taux de participation, avec de nouvelles galeries et des participants étrangers. Ainsi trente nouvelles galeries exposerons leurs œuvres pour un total de quatre vingt dix exposants, dont une vingtaine européennes, trois new-yorkaises, une suisse, une canadienne et une participation de l’Amérique latine et des pays de l’Est.

La direction d’Artparis évoque l’ambition d’une foire, dont l’équilibre entre les galeries nationales et étrangères lui donnerait une plus grande crédibilité sur la scène artistique internationale.

Cette foire « d’art moderne + contemporaine », comme elle aime à être nommée, verra par exemple la participation de la galerie new-yorkaise Haim Chanin Fine Arts avec des œuvres représentant une valeur sure comme des céramiques de Fernand Léger, mais aussi des « one man show » de Jacques Monory avec ses Monophonies de la galerie Sonia Zannettaci de Genève, ainsi qu’Eric Liot avec son œuvre Quel Bordel ! de la galerie Sam Dunkan de Marseille.

De plus, pour cette édition 2004, la Société Générale participe à la manifestation et présentera une douzaine d’œuvre contemporaines.

 

III. Le futur de la foire.

Artparis s’inscrit dans l’actualité culturelle contemporaine. La foire profite de ce rassemblement pour organiser une exposition, dans le cadre de la saison Franco-polonaise, sous la tutelle de l’institut Polonais.

Trois artistes seront présentés par la galeriste Magda Danysz : Zbignew Libera, très contreversé dans son pays avec ses œuvres sur l’holocauste, présentera des montages photographiques et des couvertures de magazines factices dont Le rêve de Bush montrant une femme voilée dans les bras d’un G.I. .

Artur Zmijewski est le second artiste invité. Celui-ci présentera ses travaux vidéo. KRWF, du nom de l’armée polonaise, insiste sur l’esthétique militaire et le ridicule de la nudité. Les troupes défilent et se retrouvent brusquement nus. La vidéo de Berek quant à elle nous fait passer du rire au malaise, nous montrant une partie endiablée de chat perché entre des hommes et des femmes nues dans une cave, avant que le spectateur ne s’aperçoivent que le jeu se déroule dans une chambre à gaz.

Enfin Elisabeth Jablonska exposera sa série de photographies intitulées Supermaman. Elle transforme le personnage maternel en super héro pour traduire sa vision de la femme européenne d’aujourd’hui : à la fois ménagère, mère, physiquement attirante, et épanouie dans sa vie professionnelle.

Le futur de la foire se retrouve aussi dans la maturité qu’elle est en train d’acquérir. Pour suivre les ambitions de la direction dans le développement de la foire, Artparis va tout simplement changer ses dates de programmation. Désormais la foire aura lieu en 2005 du 31 mars au 3 avril, ce qui la dégagera de l’influence de la FIAC en lui donnant son propre créneau dans l’année.

 

Conclusion

Artparis conserve toujours son objectif de foire non spéculative, pour un public ciblé, désirant découvrir de jeunes talents à des prix abordables. Cependant, la jeunesse de la foire fixe peut être le plafond du prix des œuvres.  Un rassemblement plus vieux aurait pu, à la demande ou grâce à la reconnaissance des artistes, pousser la direction à élargir la fourchette de vente.

Le choix de mise en valeur des arts dit classiques porte aussi préjudice à la foire. Artparis parait trop conformiste en comparaison de sa grande sœur la FIAC. Il en vas de même pour la dimension internationale, qui n’est pas encore atteinte malgré l’importante participation de galeries étrangères cette année (environ 30% des exposants). Ces points négatifs entraînent beaucoup de changements au fil des éditions, avec par exemple l’arrivée de Michel Durant Dessert en 2000, provenant de la FIAC mais y retournant cette année, ainsi que de nombreuses modifications pour sortir de l’ombre des autres foires d’art.

Artparis est une foire évoluant pour acquérir son indépendance, en étant de plus en plus étendue et ouverte sur l’international. Ses objectifs et sa gestion continuent de progresser pour gagner la maturité qui la distinguera définitivement. Attendant avec impatience le retour de la peinture depuis sa première édition, Artparis voit passer à travers elle la génération de peintres qui est l’avant-garde des œuvres sur toile futures.

 SYLVAIN GIL.

Bibliographie

 

Revues de presse :

 

- Connaissance des Arts n°620; article de Myriam Boutouille La guerre des foires d’art contemporain ; p122 ; Octobre 2004.

 

- Art actuel n°34 ; article de Harry Kampianne artparis 2004 couleur et paysage ; p35; Septembre - Octobre 2004.

 

Adresse de sites Internet :

- www.artparis.fr

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